Oeuvres

- Et comment va madame ?

- Mais je vous remercie : elle va très bien... Ah ! qu'est-ce que je dis là ! Elle est morte.

- Monsieur, voulez-vous me permettre une légère indiscrétion ? - Non, monsieur.

- Ne pensez-vous pas, comme moi, que la politique est une chose admirable ?

- Oui, monsieur. Je partage votre avis : c'est une chose écœurante.

- Dieu, que j'ai chaud !

- Et moi, donc !

- Mais vous me parlez toujours de vous. Vous, qu'est-ce que ça me fait ?

- On ne vous voit pas.

- C'est pourtant vrai, oui. Ça me manque si peu !

- Je viens vous demander à déjeuner sans façons.

- C'est précisément ce que je vous reproche.

- Il faut plaindre surtout ceux qui restent.

- Merci, vous êtes bien aimable.

- Si vous ne pouviez me la prêter, j'emprunterais cette somme ailleurs.

- Mon cher ami, ne vous gênez pas.

- Vous n'êtes pas malheureux !

- Si je voulais, je me plaindrais autant que vous.

- Il me doit encore quinze francs.

- Vous savez qu'il est mort ?

- Oh ! alors, je lui en fais cadeau.

- Je vous dis ça à vous.

- Oui, pour que je le répète aux autres.

- Ce sont des femmes qu'on ne salue pas.

- Oui, mais on se découvrirait bien tout entier devant elles.

- Vous n'avez pas de défauts.

- Si, madame, mais je les garde pour l'intimité.

- Elle est moins jolie que vous.

- Elle n'y a pas de peine.

- Il faudra, me dit-il, que j'aille vous voir demain pour vous raconter mes embêtements.

- Ça fera deux personnes embêtées au lieu d'une.

- Comment ! Vous dites qu'il est arrivé, ce poète ?

- Dame !

- Il n'allait pas loin.

- Tout est dit.

- Oui, mais on le dit trop.

- J'imite qui je veux. J'imite tout le monde.

- C'est original.

- Je n'ai pas de fortune personnelle.

- Si vous en avez une autre...

- Ça me fait plaisir, ce que vous me dites-là.

- Alors, je le regrette.

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